Écologie et Économie : on fait quoi?

Bonjour WordPress ! Le temps passe, n’est il pas ?

Me voila de retour aujourd’hui avec un article inspiré d’une conférence à laquelle j’ai assisté hier après midi, à l’université de Nîmes.

Cette dernière, intitulée « La société face aux risques émergents », faisait intervenir cinq participants (des professeur.e.s, des doctorant.e.s, et des maîtres de conférences). Je n’ai pu assister à tout (emploi du temps oblige), mais je m’appliquerais ici à vous décrire la première partie de cette conférence : « La société face aux risques climatiques », brillamment animée par Monsieur F. Mirabel, professeur des sections AES (Administration Economie et Social) et économiste. Je me permettrais de rajouter des précisions, de manière à ce que mon article soit le plus clair et le plus explicatif possible. Pour commencer…

 

Qu’est ce que le réchauffement climatique?

Le réchauffement climatique, ou réchauffement global, est un phénomène d’augmentation des températures moyennes des océans et de l’atmosphère, au niveau planétaire.

L’origine de ce réchauffement est majoritairement du à l’activité humaine (émissions de CO2 majoritairement). Cette théorie est parfois controversée par les climato-scpetiques, notamment avec l’argument arguant que la terre à déjà connue des périodes d’élevation de sa température, selon des cycles. Ainsi, selon les climato-sceptiques, le réchauffement de la planète ne serait pas si grave que ça puisque naturel (beau sophisme) et surtout, ne serait pas du à l’activité humaine. 

Pourtant, la communauté scientifique fait consensus :

Si la théorie d’une responsabilité humaine est hypothétique dans les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) de 1990 et 1995, elle est de plus en plus affirmée dans leurs rapport suivant, et notamment dans celui de 2018. Je cite ci dessous un extrait des questions – réponses (1) tirées du rapport de 2018 :

« Plusieurs forces différentes peuvent influencer le climat. Quand l’activité solaire augmente, la planète reçoit plus d’énergie et se réchauffe. Lorsque des volcans entrent en éruption, ils émettent des particules dans l’atmosphère qui renvoient la lumière du soleil, et la planète se refroidit.

Quand il y a plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, la planète se réchauffe. Aujourd’hui, la force motrice dominante provient des activités humaines et des émissions de gaz à effet de serre additionnelles provoquées par ces activités. »

Si les rapports du GIEC ne vous suffisent pas, je vous invite à jeter un œil aux sources suivantes, et notamment aux sources en bas des articles mentionnés :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Positionnement_de_la_communaut%C3%A9_scientifique_envers_le_r%C3%A9chauffement_climatique

https://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_sur_le_r%C3%A9chauffement_climatique

https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/4/048002/pdf

http://nationalacademies.org/onpi/06072005.pdf

Ainsi s’applique ici le principe de précaution.  Ce dernier a été formulé pour la première fois en 1992 dans le principe 15 de la déclaration de Rio :

« En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » (8)

Et tout cela ne vous suffit toujours pas, vous faites probablement partie des adeptes des théories du complot…. Et la, c’est un autre sujet. (Humour svp). Pour les autres, la suite de la visite par ici.

 

Réchauffement climatique et Co2 : Quelques chiffres

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Répartition par activité des émissions de Co2 seul en France en 2011

Je citerais ici Jean Marc Jancovici (parce qu’il explique vachement mieux que moi), lui même sourçant le CITEPA en 2012. (2)

« A cause du fait que nous produisons notre électricité essentiellement avec des procédés qui n’émettent pas de CO2 (nucléaire pour 80%, et hydraulique pour 15%) la répartition chez nous (France) n’est pas la même : pour le seul CO2 ce sont les transports qui arrivent en tête (figure ci-dessus), suivis du poste « résidentiel – tertiaire », qui correspond à l’utilisation d’énergie fossile dans les maisons et bâtiments (chauffage pour l’essentiel, puis eau chaude pour la plus grosse partie du reste ; la climatisation à l’électricité n’est pas prise en compte car la consommation d’électricité ne produit pas de CO2, c’est la production d’électricité qui en produit éventuellement).

Sur le diagramme : Il s’agit des émissions brutes, c’est à dire que les puits ne sont pas pris en compte (cela signifie essentiellement que les bénéfices liés à l’exploitation forestière, qui conduit à de la séquestration de carbone dans les arbres transformés en produits durables, ne sont pas imputés à l’activité agricole, qui comprend aussi la sylviculture).

On remarque que la première source en France est représentée par les transports, avec 30% environ.

En outre, si l’on imputait aux transports les émissions des raffineries pour produire l’essence (dans le poste « transformation énergie »), celles de l’industrie pour la construction des voitures et des routes, et plus généralement toutes les émissions produites par des activités concourant aux déplacements (assurances, garages, etc) le total serait probablement plus proche de 40%. La nomenclature a son importance !

(*) le transport aérien international n’est pas pris en compte, car aux termes du protocole de Kyoto les émissions découlant du transport international aérien ou maritime ne sont pas affectées aux totaux nationaux »

2018NCA_TempCO2_UPDATED2_900_506_s_c1_c_c

Corrélation entre hausse du Co2 (en partie par millions) et hausse de la température (3)

Selon les conclusion du GIEC, le but serait de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici 2050.

En ce qui concerne les émission de CO2, il faudrait qu’elle soient limitée à 12 milliard de tonnes (ou gigatonnes, ou CtCO2, ) par an à l’échelle planétaire. Cela représenterait 2 tonnes par habitant et par an.

Or, selon les projection du Global Carbon Project, en 2017, les émissions de CO2 correspondaient à 41 milliards de tonnes de CO2. (4) Nous sommes loin des 12 milliards …

En sachant :

  • Qu’un français produit 5 à 7 tonnes de CO2 par an (5) (un américain en produit 20 tonnes…)
  • Que le déplacement automobile moyen par français et par an représente 1,2 tonne de CO2
  • Qu’un aller retour Paris/New York en avion produit à lui seul une 1 tonne de CO2

 

Les chiffres parlent d’eux même. Passer de 40 milliard de tonnes de Co2 par an à 12 milliard, c’est un projet TRES ambitieux. En sachant que les émissions de Co2 n’ont cessé de croître depuis les années 90.

Ainsi les politiques, lors des COP et différents rassemblements se fixent de nouveaux objectifs drastiques. Ce qui est, en théorie, évidemment nécessaire. Mais en pratique, c’est bien plus compliqué à mettre en place…

Cela signifierait des réduire drastiquement les déplacements sur et à l’extérieur du territoire (particuliers, professionnels, exportations et importations…). Cela remettrait donc en question la viabilité de la croissance continue, prônée par certains mouvement politiques, et cela signifierait que nous devrions renoncer à une partie de notre confort (liberté de déplacement, produits hors saisons…)

 

Tous concernés

Le réchauffement climatique est à l’échelle planétaire. La sauvegarde des environnements naturels est donc un bien collectif (selon la définition de l’économie publique). Ainsi, chaque état est responsable d’agir en conséquence. Mais c’est sans compter sur la présence de « free rider » ou « passager clandestin« . En économie, cela représente une entité qui profite des bénéfices tirés des applications internationales, mais qui ne participe pas à leurs mises en place.

Un exemple avec Donald Trump qui ne cesse de détruire l’héritage politico-écologique laissé par son prédécesseur Barack Obama… (6)

Comme nous l’explique F. Mirabel, bien que des organisations telles que le GIEC, l’UICN ou l’UNEP existent, ce ne sont pas des organisations supranationales. Ainsi elles n’ont aucun pouvoir régent sur les états et leurs chefs de partis, qui leur permettrait de sanctionner ou avertir ces derniers en cas d’inaction.

C’est ainsi que l’on observe des tentatives émergentes du peuple pour rétablir une justice ( exemple avec L’affaire du siècle, à l’échelle française) (7)

 

La proposition des économistes : l’instauration d’un signal prix

F. Mirabel, s’adressant à des étudiants néophytes en AES, s’applique à nous vulgariser le principe :

Il s’agirait d’appliquer une taxe carbone sur les prix des produits du quotidien. Ainsi, le coût environnemental serait intégré dans le prix d’achat. Il ajoute que cette taxe carbone comprendrait également une taxe aux frontières, avec un principe de bonus malus. C’est à dire que les produits issus de l’extérieur du continent seront taxés à la frontière, et de surcroît, vendus plus cher sur le continent. A l’inverse, les produits locaux serait valorisés avec des subventions, permettant ainsi de laisser le choix au consommateur : manger des fraises en décembre en les payant 3 fois leur prix, ou manger des fraises au mois de mai, en payant leur prix local.

Des avantages et des inconvénients à cette méthode :

Avantages :

  • Cela permettrait de changer les comportements d’achats des consommateurs (l’argent étant visiblement plus fort que les mots…).
  • Cela permettrait également d’éviter le dumping environnemental (délocalisation si vous préférez, mais qui fait suite au dumping fiscal et social). Voir même encourager des entreprises délocalisées à revenir sur le territoire français.

Inconvénients :

  • Perte de compétitivité pour les pays pauvres (selon l’OMC). Mise en place d’une solidarité internationale
  • Réduction du pouvoir d’achat des populations, surtout les population fragiles.

 

Taxes : actualités

En ce moment, en France, c’est la taxe Contribution Climat Energie (taxe carbone) qui fait payer ( en plus des 200€ la tonne de CO2, déjà présent par la taxe d’intérieure préexistante) 50€ la tonne de Co2. Ce qui explique la hausse des prix de l’essence. C’est ce genre d’action que nous attendons du gouvernement. A un détail près…

Ici, bien que la taxe s’applique également pour les entreprises, il n’a jamais été question de mettre en place le principe du pollueur payeur…(c’est à dire taxer plus ceux qui polluent le plus. C’est valable pour les pays aussi.)

Pas question non plus de réinvestir l’argent récolté dans des actions environnementales. Cette taxe est devenue ici un outil supplémentaire de récolte d’argent directement dans les poches du peuple… donnant ainsi naissance au mouvement des gilets jaunes.

 

Conclusion

L’urgence climatique est avérée. Limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C d’ici 2050 est donc un défi très ambitieux, mais pas impossible. Seulement, on constate qu’il est difficile de changer les comportements d’achats, de manière à responsabiliser les consommateurs, d’une part, mais aussi qu’il est très peu question de responsabiliser les grandes firmes, multinationales…

L’économie aura-t-elle la réponse au changement climatique ? F. Mirabel y croit encore, mais ne peut s’empêcher de constater le pessimisme de certains de ses collègues et connaissances en économie. En effet, la problématique environnementale pose la question de la croissance infinie, tant louée par les lobbystes ou les politiques. Il semblerait que la croissance ne soit que très peu compatible (pour ne pas dire pas du tout) avec les enjeux environnementaux qui s’imposent alors à nous en ce XXIème siècle.

Monsieur Mirabel conclut en se posant la question de la démocratie. Peut on continuer de vivre en démocratie (liberté de consommation, de déplacements,…) face à l’ampleur des changements attendus ?

 

Conclusion bis (depuis ma position d’étudiante en première année de psycho, de jeune femme de 21 ans)

J’aime l’idée avancée par Monsieur Mirabel. Cette taxe en bonus malus pourrait vraiment faire évoluer les mentalités et changer les comportements d’achat. Cela reviendrait à une action gouvernementale pour responsabiliser les citoyens : alors je dis OUI, évidemment. Cela irait de pair avec tout les influenceur/se/s, bloggeur/se/s, coach de vie, écrivain/e/s et citoyen.ne.s qui essayent de porter haut les couleurs de l’écologie depuis une bonne décennie maintenant (mouvements vegan, 0 déchets, bio, local…), et qui sont plus pédagogues que la communauté scientifique.

Par contre, j’ai un doute sur la remise en cause de la démocratie… De tout temps, les gens ont lutté pour plus de libertés, plus de droits. Je nous vois mal faire un retour en arrière, sans risquer un soulèvement important (et destructeur)… A moins d’une éducation massive et efficace de la population (française dans notre cas), je pense que ça risque d’être compliqué.

Comme nous l’avons dis plus haut, la création d’une organisation supranationale pour régir les organisations gouvernementale est utopique. Ainsi, je pense qu’il nous appartient à nous, citoyen, dans un premier temps d’enfin se sortir les doigts du cul d’amorcer un changement de nos mentalités, de nos modes de vies, de nos modes de consommation. Dans un second temps, d’exiger de nos politiques et de nos institutions des investissements plus importants, que ce soit en terme écologiques, puisque c’est la priorité, mais pas que.

Pour se faire, nous ne devons pas rester passif. Cela passe par :

  • L’information (« le savoir, c’est le pouvoir » – Peter Bealish, Games of Throne). Soyez curieux. Cultivez vous, sortez de chez vous, ne restez pas naïfs à ce qu’il se passe à l’extérieur sous prétexte que « c’est compliqué ».
  • L’engagement. Qu’il soit politique, culturel, citoyen, écologique, féministe, et j’en passe, il faut AGIR. C’est la seul façon de faire avancer les chose. (« Le mouvement c’est la vie » – Gerry Lane, World War Z)

Je ne peux m’empêcher de tirer des conclusions philosophiques et psychologiques de cet article et de cette conférence: l’Humanité, tout autant que le climat, à grand besoin que l’on s’occupe d’elle, qu’on l’écoute et qu’on la valorise. Et je pense que si l’on est sensibles et alertes aux combats sociétaux (économiques, politiques, sociologiques, écologiques), alors il y a encore de l’espoir.

Bien à vous mes chers lecteurs et lectrices, en espérant que cet article ai réveillé  en vous une âme de conquérent.e.s !

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde – Gandhi

 

Critiques, limites et biais de cet article :

Présence évidente du biais de confirmation (= chercher à confirmer par tout les moyens les croyances que nous portons en nous) et du biais de croyance (= prise de décision et formulation d’hypothèses en fonction de ce qu’il nous plaît à imaginer)

Je parle ici d’économie, de politique, de science, et je prend clairement parti. Il se peut que d’une part, ça ne plaise pas à tout le monde, et que d’autre part, je me sois mal exprimée et/ou ai mal compris certains concepts. En effet, je ne suis qu’une humble étudiante en première année de psychologie. De la même manière, je pense qu’il y a encore des choses à dire, que j’aurais pu intégrer à l’article, mais dont je n’ai malheureusement pas connaissance. Ainsi, si vous même êtes calés sur le sujet, vos infos sont les bienvenues! (Avec des sources si possible 😉 ) 

 

Bibliographie :

1 http://leclimatchange.fr/questions-reponses/

2 https://jancovici.com/changement-climatique/les-ges-et-nous/comment-evoluent-actuellement-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre/

3 https://www.climatecentral.org/gallery/graphics/co2-and-rising-global-temperatures

4 https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/apres-un-plateau-de-trois-ans-les-emissions-mondiales-de-co2-repartent-a-la-hausse_5214002_3244.html

5 https://www.planetoscope.com/co2/140-emissions-de-co2-par-habitant-en-france.html

6 http://www.lefigaro.fr/international/2017/06/02/01003-20170602ARTFIG00220-comment-donald-trump-detricote-l-heritage-ecologique-de-barack-obama.php

7 https://laffairedusiecle.net/

8 https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_pr%C3%A9caution

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