Fille d’occident (et j’assume)

Je suis une enfant de la société moderne. J’aime pas le changement et surtout j’ai pas envie de me priver. C’est bizarre sortie de ma bouche, moi qui à l’époque était tellement prête à renverser des montagnes pour « vivre dans un monde meilleur ».

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Mais j’ai un problème qui me colle à la peau. Je suis tout ou rien. Et j’ai tendance à me dire que si je ne peux pas tout faire, alors ça ne sert à rien de faire tout court. Je sais que c’est un mode de pensée erroné. Mais reconnaissez quand même qu’en sachant que les politiques s’en balance des questions écologiques, que les multinationales ne sont pas prêtes à changer même un tout petit peu leurs modes de productions, ou l’utilisation de pesticides et de produit nocifs, personnellement je suis complètement désillusionnée. Parce que oui, je fais aussi partie de ceux qui se disent que « si les autres font rien, je vois pas ce que je pourrais y changer ». Parce que bordel c’est vrai. Que demain je me mette à être une super écolo à fond la caisse, dites moi ce que ça va changer? A l’échelle planétaire? Bah rien. Niet, nada, tchi.

J’ai trouvé ce passage d’article plus que parlant :

« Les gouvernants, les entreprises et les collectivités ne prennent pas la mesure de leurs responsabilités. Cela hyper-responsabilise les citoyens, les met dans l’impuissance et donc, majoritairement, ils n’agissent pas », assène Séverine Millet. Sans compter que nous sommes des êtres d’habitude peu adeptes du changement… a fortiori pour des bénéfices différés dans un avenir lointain. Nos préoccupations sont à court terme. « Les principaux soucis des mammifères, y compris des humains, sont la reproduction, l’alimentation et la nécessité de trouver un abri. On ne peut voir au-delà que si tous nos besoins primaires vitaux sont remplis. On peut ainsi être en accord avec les messages écologiques mais ne pas les prioriser », expose Sylvie Granon, chercheuse en neurobiologie de la prise de décision au Centre de neurosciences Paris-Sud de l’université d’Orsay. Pas facile dans ces conditions où l’intérêt personnel prime de modifier notre style de vie pour protéger la planète. Comme l’explique Séverine Millet, changer ses habitudes est un travail de longue haleine. « Une habitude est une stratégie du cerveau pour utiliser un minimum d’énergie. Il y a donc un apprentissage à faire sur de longues périodes pour qu’une nouvelle habitude devienne un comportement sans effort. » Sur le plan cognitif, l’apprentissage précoce des enfants serait ainsi une manière de favoriser la mise en place de ces nouvelles habitudes. Tout comme le fait de montrer que l’écologie peut répondre à certains besoins concrets et immédiats. « Si on veut changer les comportements, la première chose à faire c’est de faciliter la vie des individus, leur faire visualiser les conséquences de leurs actions et bannir les concepts abstraits », avance Olivier Oullier, chercheur au Laboratoire de psychologie cognitive de l’université d’Aix-Marseille. Ainsi, lors d’une campagne d’incitation à l’isolation des logements au Royaume-Uni, il est apparu que certains individus ne faisaient pas isoler leur toit parce qu’ils n’avaient pas envie de… vider leurs greniers ! Quand le dispositif a intégré une offre de débarras de greniers, il a commencé à prendre. De même, l’importance du groupe et des comparaisons sociales semble cruciale. Selon Olivier Oullier, des expériences ont montré que nous régulons davantage notre consommation électricité si nous savons… que nous sommes moins performants que nos voisins… — (Source : https://www.terraeco.net/Ecologie-pourquoi-ca-ne-prend-pas,58774.html)

J’aime bien cet article, parce qu’il n’est pas trop culpabilisant. Parce que ça aussi, parlons en. De la culpabilité qu’on porte quand on « agit pas ». Celle que l’on se crée tout seul comme des grands, et la pire, celle que les groupes écolos-vegans-hippie (cliché) nous font ressentir. Sérieux, si j’agis pas pour l’environnement, est ce que ça fait de moi un monstre? Et est ce que ça fait de vous des dieux? J’ai déjà du mal à être heureuse dans ma vie, alors porter une culpabilité supplémentaire ne m’est pas nécessaire, je vous assure. Et quand t’arrives pas à être heureux, j’ai honnêtement envie de dire que l’environnement bah… il passe après. C’est vrai quoi, à quoi ça sert que j’essaye de rendre le monde meilleur si moi même j’arrive pas à en profiter?

Alors pas de faux discours. Je roule en voiture, et j’achète de la viande à Carrefour. J’achète parfois des tomates en hiver, et j’adore faire du shopping. Je prend des bains, je fini pas toujours mes assiettes, et je passe une poubelle par semaine. Je trouve que le greenwashing donne un côté bobo et j’aime bien ça. Et en plus de ça je complexe sur mon corps et j’aimerais bien que ce dernier ressemble à celui des filles sur insta. Alors voilà. J’ai déjà quitté le navire végé, aujourd’hui je quitte le navire écolo. Parce que j’ai plus envie de me fatiguer à convaincre un peuple sourd. J’ai pas plus envie de passer mon temps à expliquer que quand t’es écolo t’es pas forcément un sale baboss (de merde). Ou tiens! Encore mieux! Les vegans agressifs! Alors ceux la je peux plus. Marre de redorer le blazon du veganisme quand des conna*** te balance des « t’es content tu manges un cadavre? »

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(ET TOI T’ES CONTENT DE DETRUIRE LA MICRO FAUNE QUAND TU ARRACHE UN LEGUME? HYPOCRITE PUTAIN)

Mais merde, moi j’suis étudiante, et j’ai envie d’aller faire du shopping avec mes potes, j’ai envie d’aller au DoMac quand ça me chante, j’ai envie de manger des chips et boire des bières en soirée, j’ai pas le time de faire mes pâtes à pizza moi même, de toute façon j’ai même pas de four. Et c’est pas d’ma faute si les amandes bio, le boeuf bio ou le chocolat bio ça coûte un bras sa mère.

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(Ceci est une représentation de l’expression « coûter un bras », le cheval étant une allégorie des amandes bio, par exemple.)

Autant je dis tout ça et autant un matin une mouche me pique et je me dis « mais qu’est ce qui m’a pris de dire ça ». En tout cas pour le moment, c’est comme ça. Alors amis vegan, écolo, pro-bio et tout ce que vous voulez… Je vous respecte, mais je vous quitte.

La grande bise, cordialement.

[EDIT du 31/08/18 : quelques jours plus tard, un peu plus calme]

En fait c’est pas que j’en ai rien à faire, bien au contraire, mais je me vois mal faire du zéro déchet dans ma maison et à côté de ça acheter des fringues neuves, avoir un téléphone dernier cri, commander des choses sur Amazon, rouler à 90 quand on indique des pics de pollutions et qu’il faut rouler à 70… Je me sentirais hypocrite de faire la promo d’un mode de vie écolo en sachant que la batterie de mon portable à été conçue avec des matières chimiques et toxiques pour ceux qui les extraient…

Et de manière plus égoïste, j’aime les fringues neuves, j’aime la mode, j’aime que ce soit facile d’acheter un paquet de gâteaux si j’ai faim, j’aime acheter des choses inutiles et mignonnes pour décorer ma maison… En bref, j’aime la consommation et ma vie de citadine occidentale, mais je me sens affreusement coupable. Et j’aimerais bien remédier à ça. J’aimerais trouver des alternatives économiques, écologiques, pratiques, tout ça en même temps. Parce que oui je suis tout ou rien. Je veux le temps, l’argent, la qualité, et l’éthique. Et à défaut d’avoir tout, je ne fais rien du tout…

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