Les cicatrices de la dépression

« Il y a un avant et un après » me disait sans cesse ma mère l’été dernier. Je ne voulais pas la croire, je ne voulais pas de cette nouvelle carapace encore plus solide que l’ancienne. J’avais l’impression de me sentir muselée, bridée. C’est toujours un peu le cas aujourd’hui. J’aimerais vous partager le « avant/après » la dépression.

J’étais très dévouée aux autres, prête à tout même à risquer mon bien être pour aider quelqu’un dans le besoin. Aujourd’hui je suis plus prudente, voir parfois méfiante. J’ai appris à penser un peu plus à moi, je ne saute plus dans le trou pour « sauver » quelqu’un. Parce que personne ne peut être sauver par quelqu’un d’autre que lui même. J’ai moins le complexe du Messie. Mais j’ai appris que ça ne voulait pas dire que je n’avais plus d’empathie ou de compassion.

J’étais très joviale, enthousiaste, mes émotions étaient très pulsées. Aujourd’hui, je suis plus calme, et même un peu sur la réserve. Quand j’ai des moyens d’être heureuse, j’ai l’impression que ça ne durera pas, ou alors je rumine forcément sur quelque chose. C’est un trait de caractère que je regrette un peu. J’ai l’impression d’avoir du mal à accéder au bonheur, par anticipation négative, par ruminations, par peur qu’il s’en aille…

J’aimais le militantisme écologique, j’étais branchée politique, j’étais dans l’ère du temps « bon-bio-zen ».  Ca ne m’a pas quittée, seulement, ce ne sont plus mes centres d’intérêts principaux. A mon grand regret, je suis plus pessimiste qu’avant sur ces sujets, mais ça, c’est sûrement parce que j’ai des lunettes un peu grises encore. Et puis avant, quand j’aimais ça, j’étais vraiment à fond dedans quoi, et les gens de mon entourage me disent que c’était même excessif, alors peut être que c’est normal, et que simplement je suis en train de changer de centres d’intérêts aussi.

Ce que j’écris n’est pas super réjouissant, mais je ne veux pas qu’on se voile la face. La remontée de la dépression, c’est long, et je pense que ça nécessite quelques aménagements dans sa vie perso. C’est aussi pour ça que je vous dirais de ne pas prendre pour argent comptant ce que je viens d’écrire, parce que je suis moi même encore en thérapie, encore sous traitement, je suis seule chez moi en ce moment donc je ne vois pas beaucoup de monde, et que je ne fais pas encore tout ce qui est en mon pouvoir pour me sentir mieux (respiration, sport, alimentation..). Et puis la ça fais un mois et demi que je suis sortie d’hospitalisation pour dépression et trouble anxieux majeur, et j’ai eu récemment au téléphone mon infirmière référente qui m’as encore dis que ça prenais du temps de se redécouvrir. Ma première dépression j’ai mis au moins 8 mois à remonter la pente un minimum, donc je pense que c’est un peu normal d’être encore « dans le gaz ».

A la rentrée je rentre en fac. Je vais habiter en collocation avec 2 autres filles (qui je l’espère seront sympa!), donc je serais moins toute seule. La fac propose pleins de sports différents, et cette fois je vais m’y mettre. Et puis je vais essayer d’apporter quelques petits changements à mon alimentation aussi.

Enfin voila, tout ça pour vous dire que c’est pas facile tout les jours, mais qu’il y a encore de la marge de progression!

A tout bientôt 🙂

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