La tempête est finie

La tempête est finie.

L’hiver s’est installé dehors, mais ma tête est au printemps. La pluie à cesser de marteler les carreaux de mon esprit. La tempête est finie.

J’ai mis 8 mois à me tirer complètement de mon épisode dépressif. De juin 2017 à la fin de ce mois de janvier 2018. Et encore. Si vous voulez mon avis, quand on a vécu la dépression, même si on tourne la page, elle reste tapie dans un coin de nos têtes. Un peu comme si on était tombé dans du chewing gum, et qu’on avait enlevé le plus gros des morceaux, et qu’avec le temps, on enlevait les restes collants, petits à petits, de plus en plus.

Pas que ce soit négatif ! Ca ne veux pas dire qu’on est voué à retomber dedans ! Mais je pense qu’il faut être réaliste. La dépression, on la connaît.

C’est la troisième fois que je me prends une claque par la vie. Si j’en crois le bouquin « Tomber 7 fois se relever 8« , je suis au début de ma carrière ! Mais ne soyons pas alarmistes. Pour l’heure, j’ai retrouver mes rayons de soleil. J’ai retrouver mes vibrations. J’ai retrouver ma flamme de vie.

Le plus dur, ça a été d’accepter.

En fait, je suis tombée malade physiquement ce début juin, c’est certain. Et c’est certainement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ca a révélé quelque chose qui était déjà la, prêt à bondir.

La ou je me suis trompée, c’est que j’ai cru que c’était la maladie qui me rendait comme ça. J’étais persuadée d’avoir un truc dans le cerveau, des hormones qui déconnaient, ou même une carence en dopamine… Je ne vous raconte pas les heures passées sur internet, à tenter désespérément de trouver un nom à coller sur ce mal inconnu. En vain.

Les examens médicaux se succédaient, les prises de sangs, les rendez vous. « Mademoiselle Zingarelli, votre bilan est strictement normal » qu’on me disait toujours. Mais moi ça ne m’allait jamais. J’en étais arrivée à espérer d’être malade tellement je voulais que ça s’arrête. Parce que si il y avait maladie, il y avait traitement.

Et puis, je ne pouvais pas être dépressive. Pas moi. Moi qui suis solide comme la pierre. Moi qui ai toujours débordé de soleil, de motivation, d’enthousiasme, avec mon cerveau et ses idées fabuleuses, par centaines, que dis – je, par millier. Non non et non. C’était décidément impossible : je n’étais pas dépressive.

« Mais Nell.. Rien n’est impossible ». Outch.

J’ai eu rendez-vous dans le service infectiologie, à l’hôpital. Parce qu’après la mononucléose, la carence en dopamine, le syndrome de fatigue chronique, la fibromyalgie, l’hypothyroïdie, la maladie d’Addison ou de Cushing, j’étais maintenant persuadée d’avoir un Lyme. (Quand je vous dis que j’ai cherché sur internet… faites ce que je dis pas ce que je fais)

Le médecin m’examine, me pose des questions. Il semble dubitatif, mais non moins compréhensif. Il sort un instant. Et quand il revient, le verdict tombe. Pour vous la faire bien, le dialogue qui suit se comprend comme tel : en noir le toubib, en gris, mes pensées

  • Vos symptômes sont tout à fait normaux. Mouais… enfin j’ai quand même des faiblesses musculaires tout les jours, des problèmes de digestions, un sommeil non réparateur, j’ai parfois l’impression de rien capter..
  • Il y a certainement eu une maladie cet été. Mais parfois même en médecine, on ne sait jamais ce qu’il s’est réellement passé. Comment ça jamais ? Attendez mais moi vous me connaissez pas ! Moi je veux savoir !
  • Et il est très fréquent de tomber malade et que parfois, le corps prenne du temps pour s’en remettre. Ca peut être très long. Ouais nan mais attend long comment ? J’aimerais bien l’y voir lui !
  • Il n’y a rien d’inquiétant sur vos bilans qui sont déjà bien complet, c’est très bien d’avoir fait tout cela. Ouais je sais merce
  • En revanche pour le Lyme, ce n’est même pas la peine de faire un dépistage, ça ne se présente pas du tout comme ça en infectiologie. Qu’est ce que vous en savez ? J’suis peut être un cas a part
  • On va quand même faire un dernier bilan sang, c’est le seul marqueur qui n’as pas été vérifié. C’est pour vos msucles, comme vous me dites que vous avez des faiblesses, on va quand même vérifier. Ah bon quand même !!
  • Je vous appelle dès que j’ai les résultats, dans l’après midi ça devrais être bon. Rassurez vous, il n’y a pas rien qui soit alarmant dans votre situation.

Bon ben merce môsieur.

Et j’attendais les résultats.

Il m’appelle en fin d’après midi. Je n’ai pas pu décrocher, alors il m’as laissé un message.

« Vos résultats sanguins sont très bon, il n’y a rien a dire. Plus d’inquiétude à avoir. Si il devait y avoir quelque chose d’important nous le saurions déjà. Il n’y a pas lieu de refaire des examens médicaux complémentaires, sauf si la situation s’aggrave. Mais au vu de votre dossier, tout devrait rentrer dans l’ordre dans les jours ou les semaines à venir. Si vous avez été malade cet été, vous ne l’êtes plus, c’est certain. »

Les jours.. ? Les semaines.. ? Mais ça fait des mois que ça dure ! Qu’est ce qu’il en sait lui ! Je vais allez voir un endocrino.. et un naturopathe ! Je suis sûre que c’est mes surrénales !! Mais.. quand même.. si c’était ça.. On l’aurais vu aux prises de sang.. Les taux de potassium et de sodium auraient changés.. Il a même pas vérifier Lyme !! Et si c’était ça… ? Non quand même.. j’aurais des symptômes plus grave.. Je me suis même pas fait mordre par une tique dans les derniers mois. Et si… c’était dans ma tête ?

Et la, ça a fait tilt.

Je me suis rapidement rendue compte que les faiblesses musculaires que je ressentais dans les cuisses, c’était simplement quand j’avais passé une mauvaise nuit et que j’étais trop fatiguée. Et si j’avais passée cette mauvaise nuit, c’est parce que j’étais stressée. Stressée de quoi ? De pas savoir quelle était la maladie qui avait envahie toute ma vie. Les douleurs dans ma nuque, les tensions dans mes bras, mon coeur qui battait à 120 au repos. C’était simplement du au stress.

La dépression que j’ai vécue cet été, n’ayant pas été reconnue et acceptée par moi même, a été vécue comme une maladie inconnue, une contagion parasite, intrusive. LE fait de ne pas savoir et ne pas comprendre ce que j’avais m’as mis dans un état de détresse mentale importante, et cela à accentué les symptômes, me confortant encore plus dans l’idée que j’étais malade. J’étais entrée dans un cercle vicieux des plus ignobles. J’étais mal donc j’étais stressée. Et plus j’étais stressée, plus j’allais mal.

Quand je m’en suis rendue compte, mes faiblesses ont disparues. Mon coeur a cessé de taper à 120, et j’ai recommencer à bien dormir. Mais je ne m’en suis pas sortie indemne pour autant.

Mon seuil de tolérance au stress est bien moins élevé qu’avant. Dès que je suis trop fatiguée ou tendue, ce sont les mêmes symptômes qui reviennent. Mais je n’ai plus peur. Maintenant je sais que ce n’est pas une maladie. Je sais que c’est ma personnalité, et surtout je sais que ce n’est pas fatal. Je sais que ça fini toujours par passer.

C’est étrange autant qu’appréciable d’en avoir pris conscience au début d’une nouvelle année. En soi ça change rien. Mais comme dit Solange, ça fait plaisir l’obsessionnelle compulsive que je suis de pouvoir commencer une nouvelle étape en même temps que la nouvelle année.

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Ce que j’ai retenu de cet épisode, c’est que je ne suis pas invincible. C’est aussi savoir accepter d’avoir besoin d’aide. Et non, la dépression nerveuse ne fait pas de vous quelqu’un de faible, de nul, d’incapable ou quoi que ce soit d’autre. Et ce n’est pas parce que vous avez l’impression que personne ne peut comprendre ce que vous vivez que personne n’est jamais passé par la. En réalité, 15% de la population mondiale a été, est ou sera dépressive. Et selon l’OMS, la dépression est la deuxième cause de handicap au niveau mondial. On est des MILLIERS dans ce cas la. On le vis juste chacun à notre manière.

Ca m’as appris à me connaître. Maintenant quand je vois que mon corps commence à somatiser, je me reprends, je me pose et je me dis « ok, qu’est ce qui t’angoisse ? ». Ca me permet de régler plus rapidement mes problèmes, parce que quand quelque chose ne va pas, maintenant je le sais très rapidement.

J’apprends aussi à écouter mon corps et à le respecter. Savoir dire non aux amis qui proposent de sortir, c’est aussi ça prendre soin de soi. Et ça ne veux pas dire qu’il ne vont plus nous aimer ou être déçu (et si c’est le cas, ayez une sérieuse discussion avec eux ou changez vite d’amis!!)

Alors c’est pas facile tous les jours. Mon humeur est jamais vraiment stable. Je peux passer des larmes au rire en un rien de temps. J’ai aussi énoooormément de mal avec le lâcher prise. Mais j’y travaille. Il m’aura fallu cette troisième claque dans la face pour enfin me bouger les fesses et prendre en charge mon caractère (trop) anxieux.

Mais ça ne me fait pas peur. Je dirais même que ça me rend enthousiaste ! Quand je pense à toutes les techniques qui existe pour relâcher la pression, toutes ces choses que je peux faire pour me rendre mieux, pour déconnecter complètement, ça me comble d’avance.

Moi je prends ça comme un défi à relever. Il me reste toute la vie devant moi pour devenir celle que je veux être.

Vous pouvez pas savoir à quel point ça me rend heureuse d’avoir tout le loisir et le temps de créer la vie qui me conviens vraiment.

Finalement, être dépressive et anxieuse, c’est être une artiste, non ?

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