Journal de bord #5 Le grand Amour, la grande Patience

On ne peut pas vivre sans amour, disait l’autre.

D’abord, on vient au monde avec l’amour de ses parents. Puis on apprend l’amour d’amitié, l’amour entre frères et soeur. On apprend aussi à aimer son animal de compagnie, ses affaires, et pour ceux qui y arrive du premier coup, on apprend à s’aimer soi même. On apprend à aimer toute sorte de choses, de personnes, et de toute sorte de manières. Mais il y a un amour qui se détache des autres. Il y a un amour qui fait parler de lui plus que les autre.

L’amour à deux. Le vrai, le passionnel. Un jour, il nous tombe dessus. Pour ce qui est de mon expérience, j’ai su que c’était lui une fois que j’ai pris pleinement conscience que notre histoire était finie.

En octobre, ça fera un an que nous sommes séparés. Je crois que je ne l’ai jamais aimé aussi fort que pendant cette année sans lui. Seule, de mon côté, j’ai connu le manque. J’ai connu l’espoir désespéré. J’ai connu l’amour à sens unique, l’amour comme une folie furieuse qui vous prend aux tripes. L’amour puissant. Celui qui calme toutes les peines, mais aussi celui qui ravage tout sur son passage.

Le scénario idéal, c’est qu’après une rupture, on passe quelque temps à sangloter, puis petit à petit, on remonte la pente, on rencontre quelqu’un d’autre, et en voiture Simone. Mais je crois qu’il y est des moments dans la vie, des situations ou il faut arrêter de croire au scénario idéal.

J’avoue honteusement. Non. Rien à battre, j’assume. Donc, j’avoue humblement avoir cherché sur internet « comment passer à autre chose », « comment oublier son ex », etc. J’ai fouiné sur toute sorte de site, toute sorte d’article. Et, à ma grande déception, je me suis sentie incomprise. Comme si toute ces lectures ne m’apportaient aucune réponse.

Peut être que tout le monde sait que c’est bidon de chercher ce genre de truc sur internet. Peut être que tout le monde sait qu’on ne trouve pas l’astuce miracle pour remonter la pente en quelque clic. Peut être. Mais je ne suis pas tout le monde. Et j’ai voulu vérifier par moi même, des fois que. On ne sait jamais, on tombe parfois sur de jolies choses, sur internet.

Mais non. Chaque fois j’ai été déçue. Entre les forums, où les gens semblent dans des états pires que moi, les sites où les titres des articles sont beaucoup trop kitchs, et les blogs au style New Age trop affirmé, j’ai vite abandonner l’idée de m’aider d’internet, dans ce domaine la en tout cas.

Mais j’aimerais quand même apporter ma pierre à l’édifice. Donner un témoignage de « work in progress », sans conseils préfaits. Oui, j’aimerai parler d’amour, sans fioritures.

Quand j’ai lu tous ces articles, quand j’ai lu tous ces conseils, quand j’ai entendu les gens me dire « mais oublie le », j’avais envie d’appliquer tout cela. Mais il y a des limites aux choses sur lesquelles nous avons une emprise. Et les sentiments, c’est quelque chose qui ne se contrôle pas.

Et j’aimerais revenir sur une notion, un mot précisément. Quand on parle « d’oublier quelqu’un ». En fait, on oublie jamais. Seulement, on évolue. On digère et le temps nous apaise. Mais on oublie rien.

Donc, quand on parle « d’oublier quelqu’un », on parle bien de passer à autre chose, d’apprendre à le « dé-aimer ». Evidemment, on aimerait que ça se fasse le plus rapidement possible. Parce qu’en attendant, on souffre. Mais je pense que c’est une souffrance que l’on accepte de subir, tant elle peut aussi faire du bien.

Parce que même si il n’est pas la, on l’aime. Et aimer, on sait tous que ça fait du bien. On l’aime encore, et penser à lui toute la journée, dès qu’une situation ou un lieu nous le rappelle, revivre dans ses souvenirs, c’est quelque part continuer la relation, mais toute seule. Ce qui fait mal, c’est quand on se rappelle que l’amour que l’on envoie désespérément ne sera plus reçu. C’est quand on se rappelle que l’on en recevra plus de lui non plus. Mais, au moment précis ou on est plongé dans sa tête, s’imaginant avec lui, comment ça pourrait être si il était la, comment c’était avant, alors on vit encore la relation. Et on aime ça. Et quand on nous dit de passer à autre chose, moi je peux comprendre qu’on y arrive pas, parce que quelque part, on en a pas envie.

Et si on a tellement besoin de temps, c’est parce que le fait de passer à autre chose ne commence pas à compter du moment de la rupture. On essaye de passer à autre chose à compter du moment ou on sent que l’amour qu’on lui porte s’amenuise.

Et puis, parfois, on a l’impression qu’on ne l’aime plus, que le temps à fait son oeuvre. On a quand même fait du chemin dans sa tête. Alors, nous, on s’est revu. Juste comme ça, sans idées derrière la tête. Avant qu’il n’arrive, j’ai pris mon poul. Je battais à 130 battements par minute. Et j’étais simplement assise sur le siège de ma voiture. Le corps ne ment jamais. A partir de ce moment la, j’ai bien compris que je n’étais pas guérie de lui. Que je n’avais pas encore laisser assez de temps au temps.

Pourtant, ça fait 10 mois que l’on est séparés. Et pour moi, c’est comme si c’était hier.

Ce que je retiens de cette aventure, et d’un point de vue personnel, c’est que le seul vrai argument valable, c’est de faire confiance au temps. Et à soi. A son corps. A ses ressentis, à ses sensations. Au bout d’un moment, on a plus d’autre choix que d’accepter ce qui est. Sans pour autant avoir envie que les choses bougent plus vite.

Comme pour la libido, il y a une espèce de pression sociale. Il faut être fort, il faut vite s’en remettre, vite se recaser. Surtout, garder le sourire, parce que quelqu’un de triste, c’est pas agréable.

Mais ce soir, j’aimerais faire une ode à la tristesse et à la lenteur.

Oui, on a parfois besoin d’être nostalgique longtemps. Oui, on a parfois besoin de ralentir et de vivre un peu plus doucement que ce que l’on a connu. Et oui, parfois, on fait une dépression. Et je pense personnellement que ce sont parfois des passages obligées. Des passages à vide, ou un ancien monde s’écroule, pour laisser place à un nouveau, plus solide encore.

« Patience, je suis en période de reconstruction, je reviens quand j’ai terminé »

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Je n’ai pas fini de parcourir ce chemin, dans ma tête. Mais j’apprend chaque jour à vivre avec la nouvelle moi. J’apprend chaque jour un peu plus de la patience et du lâcher-prise. J’ai hâte de tomber amoureuse, bien sûr. J’ai hâte d’être capable d’aimer et de faire confiance comme j’ai su le faire. Mais j’ai encore besoin de temps. Et pour le moment, ça me va comme ça.

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