La perte de désir : libido, où es tu?

Si il y a bien quelque chose que je pensais ne jamais connaître un jour, c’est bien ça. L’absence totale de libido.

La libido est une notion complexe, et on parle avec de grands mots pour définir la perte de cette dernière : anaphrodisie, frigidité, trouble de l’excitation, trouble du désir, etc.. Sans compter les nombreux autres troubles, tel que le vaginisme, l’anorgasmie, et j’en passe et des meilleures pires.

Je vais parler ici de mon point de vue, de mon expérience. Je ne suis ni sexologue ni psychothérapeute, et je ne traiterai donc pas des troubles de la libido dans leur ensemble. Je parlerais simplement de ma traversée du no man’s land, de mes peurs et de mes doutes.

J’explique dans mon premier journal de bord comment j’ai plongé dans un état dépressif. Et c’est bien connu, lors d’une dépression, la libido est bien souvent affectée. Plus une mononucléose, la fatigue viens donc se sur-rajouter.

Mais voilà comment cela s’est passé..

Avant que je ne sois officiellement diagnostiquée dépressive, je ne me sentais pas très bien, au début du mois de juin. Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais je savais que ça n’allait pas.

Avant cela, au mois de mai, j’avais une relation uniquement sexuelle avec un garçon, que je nommerais R. C’est de mon initiative principalement qu’est née cette relation. Savez vous pourquoi j’ai eu cette relation de « sex-friend »?

Parce que j’avais peur de la solitude. Je me disais que si je n’avais pas de relation sexuelle régulière, alors j’étais nulle, pas désirable, pas « dans le mouv« . Pensée stupide, je vous l’accorde. Mais la pression sociale à toujours eu beaucoup trop d’emprise sur moi. Le regard des gens, leurs avis sur moi. Comme si c’était grave de ne pas avoir de relation sexuelle toute les semaines, et surtout, comme si c’était écrit sur mon front! Pensée vraiment stupide.

Alors au début, c’était très excitant. Je me sentais désirable, et surtout, désirée. Je savais que je ne tomberais pas amoureuse, je le savais depuis le début. Je pensais avoir le contrôle de mes actes et de leurs conséquences. Que neni.

Mais plus ça allait, et moins j’avais de désir. D’ailleurs, je n’en avais jamais vraiment eu. J’entends par la du vrai désir, celui qui vous prend aux tripes, celui qu’on ne fait pas attendre. Je n’avais pas de désir pour ce garçon. J’avais le désir d’avoir du désir. Mais je ne le savais pas encore.

Puis, j’ai rencontré un autre garçon, que je nommerais D. J’ai donc tout arrêter avec R. Je ne voulais pas que cela influe sur la façon de me comporter avec D.

Je plaisait beaucoup à D. Au début, d’extérieur, il me plaisait aussi. Et j’ai voulu apprendre à le connaître, je me suis dit « qui sais, peut être que je vais tomber amoureuse! » Alors nous nous sommes vus, comme des amis, pour apprendre à se connaître. Et il me disait qu’il m’emmènerai par ci, que l’on ferait cela, qu’on irait voir ici, et qu’on discuterai de ça. Et moi, plus le temps passait, moins j’en avais envie. Tout ce que je voulais, c’était cesser d’être en sa compagnie. Il ne me plaisait plus, et je ne tomberais pas amoureuse, je le savais. Je n’ai jamais eu de relation au delà de l’amitié avec D. Et c’est tant mieux, je savais que je n’en avais pas envie.

Et, dans ma quête désespérée du bonheur, j’ai rencontré V. On se connaissait déjà. Nous n’avons pas appris à nous connaître mieux, mais, depuis le début, l’un plaisait à l’autre. J’aimais tout ce qu’il était. C’était le genre de mec qui « rentrait parfaitement dans mes critères », si je peux m’exprimer ainsi. Nous étions en boîte de nuit, et on dansait. Nous étions début juin. Et je savais déjà que je n’allais pas très bien. Je n’étais pas sûre d’avoir envie de sortir. Peu importe, me voilà sur la piste de danse, avec V, qui me tend sa main pour m’inviter à danser.

En temps normal, je sais exactement ce que j’aurais ressenti : des papillons dans le ventre, une euphorie croissante, et un sourire jusqu’aux oreilles. Nous dansions, l’un contre l’autre. Et rien, toujours pas de sensation enivrantes. Et il m’a embrassée. Et toujours pas de sensations renversantes. J’étais heureuse, je le savais. Mais rien de viscéral, rien qui partait des entrailles.

Nous nous sommes retrouvés, quelques jours plus tard, dans le même lit. J’étais toujours heureuse. Et je me sentais exceptionnelle à ses yeux. Mais ses caresses ne me réveillait pas. Ses baisers ne m’emportait pas. C’était comme si mon corps ne répondait plus, comme si il s’était éteint.

J’avais envie d’avoir envie, comme je dis souvent. Rationnellement, j’avais envie. Corporellement, c’était le vide.

Et c’est la que je me retrouve dans le témoignage d’une madmoizelle :

« L’envie théorique, mais pas physique

Imaginez votre corps qui se contracte quand un•e autre vous effleure, quand un corps qui n’est pas le sien vous touche : vous sentez une brûlure, et vous n’avez qu’une envie, c’est fuir… mais vous luttez, car vous voulez vous reconstruire, vous pensez pouvoir y arriver, pensez pouvoir re-goûter aux plaisirs charnels, retrouver le plaisir.

Évidemment, vous finissez par abandonner. Car votre corps vous trahit, malgré le fait qu’on vous désire, vous, vous ne désirez plus personne. Vous désirez seulement rentrer chez vous. »

Je vous invite très fortement à lire ce témoignage rassurant, pour celles et ceux qui traversent une période similaire.

Depuis, je n’ai pas revu V. On discute, parfois, par sms. Je sais qu’il a une place quelque part dans mon coeur et qu’il ne me laisse pas indifférente. D’ailleurs, il m’arrive même de rêver de lui! Mais mon corps ne parle pas. Pas pour lui. Pour personne. 

Chez moi,  il y a des jours ou ça tourne presque à l’obsession. Je hais le fait de ne plus avoir de désir, j’appréhende la prochaine fois ou je ferais l’amour, et le pire du pire, j’ai peur de rester bloquée ainsi.  Et je cite de nouveau le témoignage précédant, tant il me ressemble :

« J’ai longtemps été dans cet état d’esprit, piégée. J’étais devenue obsédée par le moindre frisson que je pouvais avoir avec quelqu’un, toujours en quête d’un gémissement mais toujours déçue et muette face à l’être masculin. J’étais obsédée par le fait que les jours défilaient et que ma jeunesse s’envolait avec ma libido. »

Mais je crois encore que la meilleure des choses à faire c’est d’accepter.

« Parce que la vie amoureuse n’est pas linéaire, que le désir ne l’est pas non plus «  

J’aime aussi beaucoup ce témoignage :

« Surtout, je ne me serais pas respectée de faire l’amour sans en avoir envie. Qu’il n’y ait pas de sentiments, ce n’est pas un problème. J’ai connu de très belles rencontres d’un soir. Mais il faut du désir. Et à ce moment-là, je n’en avais pas. Il était peut-être ailleurs, sur le plan professionnel ou amical. Quand il est revenu, c’était encore plus fort qu’avant, je me suis découvert une sensualité que je ne me connaissais pas. Peut-être avais-je besoin de me prouver certaines choses, de ne plus faire l’amour pour comprendre à quel point j’aimais ça. » l’express.fr

Et un petit dernier pour la route, que j’ai pu trouver sur jerecuperemonex.com 

« Est ce que je retrouverais un jour ma libido?

Mais oui, évidemment! En fait, ça durera tant que le processus de deuil ne sera pas terminé complètement. Il faut faire la paix avec soi même pour renouer avec le reste du monde sexué. Patience…

Y a t il une méthode?

Le sport peut aider pas mal. Mais pas en dilletante, genre « je m’inscris et le simple fait de m’inscrire va tout changer », non! Une activité physique régulière, voir intense. Bénéfices: plein! Et surtout, c’est bon pour le moral. Et c’est le cerveau qui commande le sexe… Héhéhé.

Comment faire pour que ça change?

Ne pas se forcer à fréquenter n’importe qui, déjà. Sous prétexte de reprendre le taureau par les cornes (si j’ose dire), il faudrait s’envoyer le premier venu. Non! Fréquentez ce qui est bon pour vous, mais ne cherchez SURTOUT PAS l’amour. » 

Alors voilà, chers lecteurs.lectrices, pour la petite histoire, et pour les quelques témoignages vraiment apaisant que j’ai pu trouver.

Patience est le maître mot.. Si vous êtes aussi en dépression, alors il faut d’abord traiter celle ci. Je pense qu’il faut que l’on prenne soin de nous. Que l’on apprenne à vivre pour nous, et non pas « pour le couple », comme moi je l’ai appris, comme vous l’avez peut être appris.. Retrouver un but personnel, retrouver notre joie de vivre sans avoir besoin de quelqu’un pour nous la donner..

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Le plus dur dans cette histoire (pour moi) n’est pas l’absence de libido en elle même. Mais bien la pression sociale autour de ce sujet. En effet, nous vivons dans une société hypersexualisée, ou si on ne couche pas 3 fois par semaines, alors on est pas « dans la norme ». Et c’est dur de devoir traverser une étape de non désir, encore plus quand on est jeune.

Je souhaite beaucoup de courage à toute les personnes qui vivent actuellement ce genre de situation, et beaucoup de bonheur à toute ceux et celle qui en sont sorti!

Si d’autres on pu le faire, un jour viendra ou nous saurons le faire aussi.

 

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